Julie, s’est installée à Almuñecar en Espagne, il y a près de 20 ans après avoir vécu en France, au Maroc et en Allemagne.
Peut-on dire qu’elle y coule une retraite tranquille ? Pas vraiment…Car Julie, malgré les années qui passent, est toujours extrêmement active.

Depuis son arrivée, cette femme remarquable a consacré toute son énergie au sauvetage de 8300 chiens si souvent abandonnés, errants et maltraités en Espagne.

Elle a accepté de nous raconter son aventure faite de générosité, détermination, courage et abnégation.

 

Bonjour Julie,

D’où êtes-vous originaire ?

 

Je suis née dans le Bordelais un magnifique jour de mai (c’est peut-être la raison pour laquelle j’aime tant le soleil !) en pleine France occupée.

Mon grand-père, viticulteur, que j’adorais, avait tenu, comme il était coutume, à me porter sur les fronts baptismaux, et, le prêtre du village, me baptisa avec deux gouttes de vin de Bordeaux…Le même vin qui, 20 ans plus tard, sera sur la table du repas de mon premier mariage !….

Les chiens étaient nos grands amis dans la propriété où la « Kommandantur » avait élu domicile. Les années s’écoulèrent joyeuses, heureuses…Nous fumes cinq enfants, trois filles et les deux garçons, que l’on n’attendait plus. Julie, l’ainée, puis Marie-France (née à la libération vous vous en doutez avec ce prénom !) et ma petite sœur Armelle…Qui mariée à un toubib Espagnol, nous a quitté voici deux ans.

Je fus pensionnaire au couvent des Dames du Sacré-cœur A Poitiers… Durant ces années je ne voyais mes parents et la famille que trois fois par an !

Julie retraite Espagne

Comment avez-vous découvert l’Espagne ?

 

Mes parents étaient de grands hispanophiles, surtout maman, car elle aussi, pensionnaire, avait conservé des amitiés espagnoles.
Vers le milieu des années 50, mes parents décidèrent de partir en vacances chez une amie de maman, vivant près de Badajoz. C’est donc durant ce premier périple, que je découvris la péninsule Ibérique ! Je fus enthousiasmée.

 

D’où vient votre amour pour les chiens espagnols ?

Je me souviens des merveilleux Mastins de la famille où nous étions descendus. Ils furent mes premiers amours des chiens espagnols. J’ai toujours eu des Mastins, chez moi à Almuñecar ! (le Mâstin espagnol est une race de chiens originaire de la province de León dans le nord-ouest de l’Espagne. C’est un chien rustique, utilisé autrefois pendant les transhumances des bergers espagnols)
Nous primes l’habitude de ces voyages deux à trois fois en Espagne dans l’année…les routes !!! Un désastre. Nous ne pouvions descendre que dans les hôtels de l’état, les « Paradores » qui existent toujours. C’est là, que papa, décida lors d’un de nos voyages, que c’était le dernier !
Julie Almunecar retraite Espagne
En effet, maman était toujours accompagnée par Merchior, notre chauffeur espagnol de la Rioja….à trouver des vétérinaires afin de castrer toutes les pauvres petites femelles des villages ou des routes...

Alors nous attendions avec papa…Le retour de maman.

Ce n’était guère facile de rencontrer un vétérinaire de petits animaux, il n’y avait que des vétérinaires pour les bestiaux…

Je remplissais le coffre de chiots et lorsque papa les enlevait, je pleurais, le maudissant, et je finissais par recevoir une bonne paire de gifles (normal à cette époque, et cela ne m’a pas tuée !).

Aucun chien ne pouvait passer la frontière, car sévissait la rage dans toute l’Espagne, surtout en Andalousie, car près du Maroc ». La rage disparut en 1961, mais le vaccin est toujours obligatoire.

C’est à Séville, dans un Parador que je décidai : « Lorsque je serai vieille, je viendrai en Andalousie, sauver les animaux… » Ce que je fis il y a près de 20 ans.

Quand avez-vous fondé votre association de sauvetage de chiens en Espagne ?

 

Je déménageai en Octobre 1999, et le 27 Octobre 2000, devant un parterre de plus de 400 personnes, je fondais mon Association pour sauver les animaux et les plantes.

À cette époque la protection animale, n’était pas connue, surtout en Andalousie

 

Comment les Espagnols ont-ils perçu vos actions ?

 

Au début, ils étaient étonnés. Ils ne comprenaient pas bien. Ils n’avaient jamais entendu parler d’association de protection, simplement des « Perreiras », endroits sordides, où l’on mettait les chiens trouvés dans les rues et sacrifiés 10 jours après.

 

Je fus invitée à toutes les TV régionales, expliquant mon travail, alors là, ce fut l’avalanche de chiens… lorsqu’ils apprirent que je ne les sacrifiais pas… Mais que je les vaccinais et les préparais pour une éventuelle adoption !

Les débuts furent très difficiles…Je fus débordée, de chiens bien portants, de chiens malades, de chiens accidentés. Je fus confrontée à des cas si horribles que souvent, je ne pouvais m’endormir, et je pleurai…Mais je n’ai jamais eu une seule fois l’idée de m’arrêter !

retraite république dominicaine

Comment en êtes-vous arrivée à envoyer les chiens espagnols en Scandinavie ?

 

En mars 2000, j’avais préparé un dîner, et ce dîner marqua le futur de mon association. 

En effet, mon amie Luxembourgeoise, invita une Suédoise, Ane Sofie Carle, à qui je présentai Coco, un chien famélique trouvé dans une maison en construction. Le mari de mon amie Mitzou, acteur espagnol, passa une grande partie du dîner avec lui dans les bras. Il l’appelait « Coco le constructeur »…Le lendemain, Ane Sofie me téléphonait pour m’annoncer son adoption par une journaliste suédoise.

Voilà les débuts de 19 ans passés à envoyer des chiens en Scandinavie, Suède et Norvège.

Julie Titine retraite Espagne

Voici Titine, célèbre en Suède. J’écoutais à la radio de ma voiture Titine de M.Chevalier sur une place d’Almuñecar quand je l’ai trouvée abandonnée. J’ai donc mis sur Facebook des photos de Titine accompagnées de la chanson…. La radio suédoise, dans une émission du matin, repris la chanson et parla de Titine… Je reçus 36 demandes d’adoption.

Elle fut finalement adoptée par une jeune femme de la TV suédoise, qui fit un magazine sur les chiens espagnols…Il aurait mieux valu ne rien faire, car les autres associations furent prises de jalousie…

Au début de l’émission TV, on entendait Chevalier chanter Titine !

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J’ai fait des centaines de voyages avec mes toutous... Ils sont aussi partis en Allemagne, au UK, et seulement deux en France !
Le premier été, 203 chiens se trouvaient dans ma propriété…Et l’on continuait, pendant la nuit, à mettre des chiens dans mon jardin.

Comment avez-vous financé tous ces sauvetages ?

 

Avec mon argent personnel. Puis les adoptions ont aidé, mais toujours avec beaucoup de mon argent personnel.

Financer un animal coûte cher…Plus le personnel pour le nettoyage, promener les chiens, etc.

 

Comment ces opérations de sauvetage massif ont-elles pris fin ?

En juin 2016, un séjour d’urgence a l’hôpital, et un avis d’un cardiologue, me fit tout arrêter… Et ma vie a basculé !

Je continue toujours un peu de caser certains chiens, mais ce n’est plus pareil.

De mon ancienne association, me restent 16 chiens chez moi.

J’ai gardé ceux dont personne n’avait voulu, les vieux et les malades...À ce nombre, voici deux mois est venue s’ajouter une petite Luna, une Cross Mastin… Elle non plus personne n’en veut ! Elle sera trop grande, me dit-on. Alors je réponds, oui, mais son cœur aussi.

J’ai fait mon testament et mes chiens sont couchés sur ce dernier… Ils sont, avec mes deux enfants, toute ma famille.
Si vous aimez les animaux, adoptez, et si vous ne pouvez pas, aidez une association de protection près de chez vous, elles en ont tant besoin…

Julie Almunecar retraite Espagne
Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont aidé dans cette aventure et en particulier mon amie Mitzou, epouse de l’Acteur Espagnol German Cobos, Anne Sofie Carle de Stockolm, avec qui j’ai commencé cette grande aventure, Ingvor Rubin de Stockolm, ma Presidente pour la Suede, Berit Garaas, ma Presidente pour la Norvege, et Juan Carlos Benavides le maire de cette epoque, qui se represente l’annee prochaine aux Municipales et dont je fais partie de sa liste, et bien sur les milliers d’adoptants de mes chiens, avec qui je suis toujours en contact, grace a un groupe de Facebook.

Merci Julie et bravo pour ces incroyables sauvetages.

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